SUPER MARIO BROS.: LE FILM
Sorti en salles le: 23.06.1993
Casting: Bob Hoskins (Mario Mario), John Leguizamo (Luigi Mario), Samantha Mathis (Daisy), Dennis Hooper (Koopa).
Réalisateurs: Annabel Jankel, Ricky Morton.
Producteurs: Jake Eberts, Roland Joffé.
Scénario: Parker Bennett, Terry Runté, Ed Solomon.
Bande originale du film: disponible sur CD, K7 et vinyles (EMI).
Note générale: 7 / 10
L’histoire:
Dans un monde parallèle au nôtre règne un féroce dictateur, le roi Koopa, incarné par Dennis Hooper. Koopa n'a qu'une obsession: récupérer un fragment de la météorite qui décima l'espèce dinosaurienne, 65 millions d'années avant notre ère. Son but est ainsi de faire fusionner les deux mondes et de devenir le maître du monde ainsi formé. Koopa a une apparence humaine, mais descend du dinosaure.
Du côté que nous connaissons, à Brooklyn, vivent deux frères, Mario et Luigi (Bob Hoskins et John Leguizamo), exerçant la profession de plombiers. Lors d'un dépannage, Luigi fait la connaissance de Daisy (Samantha Mathis), dont il tombe immédiatement amoureux. Mais il ignore que celle-ci descend elle aussi du Dinosaure et que le pendentif qu'elle porte au cou n'est autre que la pierre que Koopa recherche.
Ainsi, Koopa fait enlever Daisy par ses deux cousins plus idiots que méchants, Iggy et Spike, et la ramène dans l'univers qui est le sien. Ce qui n'est pas vraiment du goût de Lena, la maîtresse de Koopa. Cependant, les deux frères décident de partir à la recherche de Daisy et sont entraînés à leur tour dans cette étrange dimension parallèle...
Le film regroupe bon nombre des éléments de la série: d'abord les personnages. Si Mario, Luigi et Daisy sont de la partie, le roi Koopa (Bowser bien sûr) assume parfaitement son rôle de tyran et s'avère être plus méchant que jamais. Quant aux effets spéciaux concernant les déformations de son visage ou sa longue langue, ils sont tout bonnement fabuleux!
Yoshi est aussi présent, mais sous une forme inhabituelle: il est la « mascotte royale » du royaume Koopa. À l'origine il est dans le mauvais camp, mais la méchanceté de Koopa envers lui le pousse vers Daisy, qui a succombé au charme du petit dino. Yoshi est d'ailleurs un chef-d'œuvre technologique capable de réaliser 64 mouvements, et ce grâce aux manipulations attentives de 9 marionettistes (tiens, il y a Mario dans ce mot)!
Ah, et puis il y a aussi les célèbres Goombas. Alors ceux-là, ils sont comme dans le jeu: énormes (2.50 m de haut!) et idiots. Leur point faible: ils dansent la valse dès qu'ils entendent de la musique! Les Goombas sont conçus par Koopa: les condamnés ne sont pas exécutés mais « désévolués », c'est-à-dire qu'ils retournent à leur forme primitive. Beurk! Et justement, les désévolués deviennent des lézards géants, armés jusqu'aux dents. Le seul d'entre eux à émerger du lot est Toad (on comprend maintenant pourquoi il est un champignon). Au départ, il chante des chansons anti-Koopa mais est arrêté par la police en même temps que les Mario. Désévolué sous les yeux de nos plombiers, il est affublé d'un harmonica autour du cou grâce auquel il envoûte ses congénères (c'est bien connu: la musique adoucit les mœurs). Il tombe d'ailleurs amoureux de Daisy lorsque celle-ci le sauve alors qu'il prend feu.
Dans le clan des méchants, il faut rajouter les deux « cousins » de Koopa, Iggy et Spike, très légers intellectuellement (ils sont incapables de calculer le pourcentage de 0 sur 5!!). Ils réussissent à enlever Daisy, tout en oubliant de s'emparer de la pierre tant convoitée par Koopa. Ils subissent alors la terrible épreuve de la machine à désévoluer, mais dans le bon sens: ils deviennent intelligents (quoique!) et se rebellent contre Koopa, bien décidés à le faire échouer.
Toujours du même côté se retrouvent Lena, la compagne de Koopa, prête à tout pour suivre ce despote fou furieux dans sa conquête du monde, ou encore la police. Ah! La police! Celle-là aussi, tiens, elle joue un sacré rôle! La police de Dinohattan, la capitale du royaume koopasien, a pour but de faire régner l'ordre dans la ville. C'est raté! La police est mal organisée, ses bureaux loufoques, son Q. G. pire que tout, et ses agents assez... voyants.
En bref, Super Mario Bros. est un film sympa, à regarder avec attention quand on est un inconditionnel de la série, mais avec un intérêt restreint lorsqu'on s'attend à un chef-d'œuvre de science-fiction. Certes, les effets spéciaux sont grandioses, mais le tout est tellement surréaliste qu'on peut uniquement le qualifier de film d'aventures.
Il n'empêche que les acteurs excellent dans leurs rôles, surtout Bob Hoskins, superbe dans un rôle qui ne peut mieux lui convenir!
Anecdotes, chiffres…
Un écrivain américain du nom de Todd Strasser (déjà, rien qu'au prénom, on commence à comprendre) a écrit, parmi ses nombreux romans, Super Mario Bros., adapté du film. Si, à l'instar d'un Jurassic Park, il y a quelques éléments en plus dans le bouquin, celui-ci retranscrit parfaitement l'aventure des deux plombiers tout au long de 126 pages simples et agréables à lire. Ce livre n’est pas particulièrement un chef-d’œuvre littéraire et n’est pas toujours très fidèle, et les dialogues sont différents car ils ne bénéficient pas du copyright. Il a été édité en version française chez CinéBook.
Il a fallu quatre heures pour créer le visage final de Koopa, lorsqu'il retrouve sa forme originale: celle d'un tyrannosaure. Se faire maquiller pendant quatre heures pour obtenir un visage qu'on ne voit que 32 secondes durant le film... il faut vouloir accepter ça!
La production a dû louer 11 roulottes pour ranger tout le matériel nécessaire aux effets spéciaux! Ça prend de la place...
Il a fallu engager 35 spécialistes pour fabriquer les armes, véhicules et autres gadgets bizarroïds du film.
Pendant 48 heures, Bob Hoskins a été apprenti plombier, durant sa jeunesse. Il a été renvoyé illico après avoir mis accidentellement le feu aux bottes de son patron avec un chalumeau!
169 voitures sur-équipées de la police ont dû être construites pour les différentes poursuites. Sur ce total de voitures, seulement 23 d'entre elles ont survécu et ont été réutilisées sous d'autres formes dans d'autres films! On regrette toutefois qu’aucune réplique de la voiture n’ait été commercialisée (je dois avouer que je collectionne également quelques voitures de modélisme ^^) …
Quelques photos…
Les cyber-plombiers enfin matérialisés…
Le taxi de Dinohattan
Mario et Luigi accrochés à la mycose géante
Daisy et le Goomba musicien
Une rue de Dinohattan
Sur la chaise de désévolution…
Daisy et Yoshi
Luigi dans l’ascenseur
Le roi Koopa
Cassette du film (1)
Cassette du film (2)
L’affiche du film
Le livre de Todd Strasser
Bande originale du film
Boîte du CD « Original Motion Picture Soundtrack »
CD de la B.O.
La bande originale du film, disponible sur CD et cassette, contient dix titres peu connus, à dominante rock, avec notamment quatre morceaux assez intéressants: bien évidemment, celui de Queen(tiré d’un très bon album sorti en 1976, A Day At The Races), celui de Roxette, évidemment associé au film (sorti aux formats vinyle et vinyle picture disc), mais aussi le titre de Charles & Eddie « I Would Stop The World », excellent slow sur lequel danse Mario dans le film, le hit hip-hop « Cantaloop » d’US3 et le tube de 1987 « Walk The Dinosaur » du groupe Was Not Was, repris pour l’occasion (que vous pouvez trouver dans les CD Rhythm ‘n’ Soul des Éditions Atlas!!!). À noter, dans cet album, la présence des groupes metal américains Megadeth et Extremeet du guitar-hero Joe Satriani. Du bon son rock en perspective! Voici la liste des douze pistes que contient cet album.
1. Roxette — Almost Unreal
2. The Divinyls — Love Is The Drug
3. The Goombas feat. George Clinton — Walk The Dinosaur
4. Charles & Eddie — I Would Stop The World
5. Marky Mark — I Want You
6. Extreme — Where Are You Going?
7. Joe Satriani — Speed Of Light
8. Megadeth — Breakpoint
9. Queen — Tie Your Mother Down
10. US3 — Cantaloop
11. Tracie Spencer — Don’t Slip Away
12. Roxette — 2 Cinnamon Street
Notes
Intrigue: 6½ – le scénario pourrait paraître un peu mince mais son interpération est tellement sympa qu'il nous replonge immédiatement dans l'ambiance magique du jeu vidéo.
Musique: 5 – elle prend très vite la tête, et pour cause, il y a un thème principal répété beaucoup trop souvent! Si au moins les réalisateurs avaient fait preuve d'originalité en insérant des extraits de fonds sonores de jeux, la bande son eût été plus agréable. Au fait, j’ai beau être fan, je n’ai jamais trouvé à quel moment on entendait « Tie Your Mother Down » de Queen… Mais bon, le superbe slow « I Would Stop The World » de Charles & Eddie compense cette faiblesse.
Interprétation: 8 – les acteurs jouent parfaitement le rôle du perso, qui ressemble beaucoup à celui du jeu vidéo. Aucun d'entre eux n'est vraiment en-dessous de celui qu'il est censé incarner.
Effets spéciaux: 9½ – les transformations entre l'organisme primitif et l'être évolué sont un régal! Des morphings exceptionnels pour un résultat grandiose!
Ressemblance avec la série: 6 – la plupart des persos essentiels sont repris, et certains éléments (château complexe, Bob-Ombs, sauts…) replongent toujours dans l'atmosphère des jeux. Pourtant, les noms utilisés provoquent souvent la confusion. Daisy n’est que la princesse de Sarasaland, Koopa doit-il vraiment être considéré comme le nom de Bowser? De plus, la musique est complètement à côté dans ce domaine.
Note globale: 7 / 10 – un bon spectacle, à voir de toute façon quand on est fan de Mario. On aime ou on déteste, mais il est difficile de reprocher à ce film de s'éloigner de la série quant aux éléments insérés tout au long de ses 102 minutes, même si les références ne sont pas toujours exactes…